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Tombe De Vix

Tombe de Vix

La sépulture de Vix est une tombe princière à char du premier Âge du Fer (). Elle nous est parvenue intacte et en raison de l'importance et de la qualité de son mobilier, c'est une découverte de tout premier ordre pour cette période.

Le site et sa découverte

C'est en 1953 que René Joffroy, archéologue amateur, remarque un léger monticule et une concentration inusitée de pierres dans un champ au pied de l'oppidum du mont Lassois, près du petit village de Vix (Côte-d'Or).
- L'oppidum du mont Lassois est une butte témoin de grande taille, qui domine la haute vallée de la Seine d'une altitude de 100 m environ, près de Châtillon-sur-Seine. Sa situation en fait un lieu idéal pour commander la circulation dans la vallée où passe un des itinéraires antiques qui ramenaient l'étain de Grande-Bretagne vers l'Italie. Des fouilles ont montré l'occupation de cet oppidum durant tout le néolithique et les périodes postérieures. Il fut déserté à l'époque gallo-romaine au profit de la cité de Vertillum située non loin. Au , des tribus celtes, venues de l'Est et dirigée par une aristocratie guerrière avait envahi tout l'Ouest de l'Europe et s'organisaient en principautés autonomes. Profitant du site exceptionnel pour prélever sans doute une taxe de passage aux marchands d'étain, la puissance des princes établis au mont Lassois leur permit, suivant le rite aristocratique de l'époque de la tombe à char, de constituer des sépultures d'une richesse exeptionnelle.
Mais le plus exceptionnel est que celle de Vix renfermait les restes d'une femme, princesse ou prêtresse ?

Le mobilier de la tombe

Creusé dans le sol, le caveau, d'environ 4 mètres de côté était à l'origine recouvert d'un tumulus de pierres et de terre, aujourd'hui complètement arasé. La fouille minutieuse du contenu de la sépulture permit la reconstitution des différents éléments.
Le corps était allongé dans la caisse d'un char de parade à timon et 4 roues, décoré d'appliques en bronze. De nombreux bijoux, bracelets, torques, fibules en bronze paraient la défunte, une pièce exceptionnelle, un torque en or pur pesant 480 gr fut retrouvé au niveau de la tête. Sa décoration aux extrémités de deux chevaux ailés rappellent le style des Scythes mais il est plus probable qu'il ait été confectionné localement par des artisans s'inspirant de la stylistique grecque et orientale, des études sur l'origine de l'or employé appuient cette hypothèse. De nombreux vases de bronze, d'origine étrusque ou italique, des céramiques attiques, parsemaient le caveau envahi de terre et d'eau lors des crues de la Seine. Mais la pièce principale, le vase de Vix, un gigantesque cratère de bronze, le plus grand parvenu jusqu'à nous, a fait la renommée de cette découverte. Sans doute sorti des ateliers grecs d'Italie du Sud vers 530 av. J.-C., et, outre ses dimensions exceptionnelles, 1,64 m de haut pour un poids de 208 kg, sa décoration d'appliques de bronze en haut relief, anses en forme de gorgones et frise de chevaux et hoplites, en font un chef d'œuvre dans l'art du bronze antique. Sa capacité est de 1100 litres. Non loin de Vix, sur la commune de Sainte-Colombe-sur-Seine, un autre ensemble d'objets de bronze de la même époque fut découvert au XIXe siècle, et appartenait à une sépulture à char mais le contexte archéologique ne fut pas complètement déterminé. D'autres fouilles plus récentes ont exploré cinq autres tumulus postérieurs et proches de la tombe princière ainsi qu'un petit sanctuaire et ont livrés d'autres objets. Tout cela, ainsi que les trouvailles provenant de la cité gallo-romaine de Vertillum, sont exposés dans le musée archéologique de Châtillon-sur-Seine.

Voir aussi

Article Cratère de Vix

Bibliographie


- Vix et ses trésors René Joffroy - Paris, 1979
- La tombe princière de Vix sous la direction de Claude Rolley - Paris, éditions Picard, 2003

Liens externes

http://www.tresordevix.org Catégorie:Site archéologique Catégorie:Monde celtique Catégorie:Tombe Catégorie:Protohistoire



Oppidum

Un oppidum (du latin n. oppidum, pl. oppida : lieu élevé, fortification) est un lieu élevé (généralement situé sur une colline ou sur un plateau) dont les défenses naturelles ont été renforcées par la main de l'homme au temps des Celtes. Les oppida sont connus notamment grâce aux descriptions de Jules César, dans La Guerre des Gaules. Ils se caractérisent par des murs de terre et de pierres, renforcés par des traverses de bois. Ce type de mur particulier aux oppida gaulois est nommé murus gallicus. À l'inverse, dans les îles britanniques, où de nombreuses enceintes fortifiées sont connues, de simples levées de terre ou murs de pierres étaient utilisés. Le nom oppidum est couramment utilisé pour désigner des sites de taille très différente, allant de 1 ou 2 jusqu'à plusieurs centaines d'hectares : l'enceinte de l'oppidum de Manching, près d'Ingolstadt en Bavière (Allemagne), a ainsi pu entourer jusqu'à 350 hectares de terrain. D'autre part, les sites connus sous ce nom ont pu être utilisés du début du premier âge du fer jusqu'au premier siècle de l'ère chrétienne. Dès lors, cette diversité se retrouve dans le rôle qu'ont pu jouer les oppida.

Le rôle des oppida

Sur le continent et tout particulièrement en Gaule, certains oppida ont pu être considérés comme les premières formes de « villes », ou comme des « centres proto-urbains » de l'Europe barbare, ce qui a donné lieu à la dénomination de « civilisation des oppida » pour désigner la réalité socio-économique qui prédominait à la veille de la guerre des Gaules. Les difficultés d'interprétation sur la question sont nombreuses : on ne connaît des infrastructures du réseau des oppida que ce que l'archéologie nous laisse entrevoir. Aussi, les avis des archéologues divergent quant à l'importance exacte que ces lieux pouvaient avoir dans la civilisation celtique, et en particulier dans la civilisation gauloise à la veille de la conquête romaine. Comme le montrent des fouilles accomplies sur les sites de Manching, sur un mont du Luxembourg (Titelberg), ou encore à Bibracte (sur le mont Beuvray, en France), il est acquis que les oppida les plus importants ont connu une répartition régulière et dense de constructions sur leur site, au plus tard à partir du II siècle avant l'ère chrétienne. L'organisation de certains oppida durant la période finale de La Tène a pu être rapprochée dans une certaine mesure du modèle des cités archaïques du monde classique. Il semble qu'à l'origine, en effet, le développement particulier de certains sites ait été lié à l'existence d'un lieu de culte important (Entremont, au nord d'Aix-en-Provence ou l'Alésia des Mandubiens). Pour Stéphane Fichtl, (Les peuples gaulois, Paris, 2004), le terme de civitas employé par César dans ses Commentaires a pu aussi correspondre dans certains cas à une réalité politique au cœur de laquelle l'oppidum, véritable chef-lieu, pouvait concentrer le pouvoir politique d'un peuple ou d'une fédération de peuples sur ses « clients » et dans un territoire délimité : la meilleure illustration de cette hypothèse est l'exemple des Éduens, dont la magistrature suprême (des Vergobrets) s'exerçait à l'intérieur de ce territoire. Des concentrations d'importations méditerranéennes découvertes dans plusieurs oppida ont quant à elles révêlé l'importance que pouvaient avoir certaines de ces « places fortes » dans les réseaux commerciaux reliant le monde « barbare » au monde méditerranéen, dès avant la période laténienne. Certains oppida, en effet, purent jouer un rôle politique majeur à l'époque des principautés celtes du premier Âge du fer en permettant à une aristocratie locale de contrôler les voies de passage et d'asseoir son pouvoir sur un territoire pouvant aller jusqu'à 80 kilomètres de diamètre (comme dans le cas de Hohanesperg, en Allemagne, cf. Patrice Brun, Princes et princesses de la Celtique, Paris, 2000). L'oppidum du Mont Lassois, dans la Côte-d'Or, qui est associé à la découverte de la tombe princière de Vix, est un exemple de ces forteresses de la fin de la période de Hallstatt.

Typologie

Plusieurs formes de remparts d'oppida existent, mais deux grandes catégories prédominent: les "éperons barrés" et les "remparts" ou "enceintes de contour". ¤les éperons barrés peuvent être de différents types:
- les méandres barrés (ex: Besançon), où le méandre d'une rivière, d'un fleuve, ... est fermé par un barrage. À la Tène Finale, un barrage est construit tout au tour de l'oppidum (ceci revêt une utilité purement symbolique, la séparation ville/campagne, mais en aucun cas militaire...)
- les confluences barrées, où la ville se situe entre deux bras d'eau se rejoignant; le barrage protègeant l'ouverture de l'oppidum sur la terre.
- les bords de falaise, où le barrage protège, de la même manière que pour les confluences barrées, l'ouverture de la ville sur la terre. Cependant, toujours lors de la Tène Finale, on observe également une enceinte de contour sur ce type de rempart. Là encore, cela n'a qu'une fonction symbolique. ¤les enceintes de contour(ex: le Mont Beuvray, ou "Bibracte" du temps de César,...), quant à elles, n'ont pas véritablement de formes différentes. Un rempart encercle la ville, "posée" sur un mont (tel qu'une colline,...). On peut noter en revanche que toujours dans la période de la Tène Finale, la construction du rempart ne tient pas compte de la topographie du terrain (ex: Donnerberg). On peut donc conclure que les oppida ont deux grands types de remparts. Ce qui distingue les oppida de la Tène Finale de celle datant d'un ou deux siècles auparavant, ce sont que les remparts sont perpendiculaires aux courbes de niveau et qu'on voit apparaitre des enceintes de contour. Le but n'est plus de créer un espace militaire mais un espace urbain.

Voir aussi

Bibliographie


- Patrice Brun, Princes et princesses de la Celtique. Le premier âge du fer en Europe 850-450 av. J.-C., Editions Errance, Paris, 1987
- Stephan Fichtl, Les peuples gaulois. III-I siècles av. J.-C., Editions Errance, Paris, 2000
- Stephan Fichtl, La ville celtique. Les Oppida de 150 av. J.-C. à 15 ap. J.-C., Editions Errance, Paris, 2000
- Dominique Garcia, La Celtique méditerranéenne. Habitats et sociétés en Languedoc et en Provence du VIII au II siècle avant J-C, Editions Errance, Paris, 2000

Liens internes


- Bibracte
- Alésia
- Castro

Liens externes


- [http://www.entremont.culture.gouv.fr/ Les Gaulois en Provence : l'oppidum d'Entremont] sur le site du ministère de la Culture.
- [http://www.bibracte.fr/ Bibracte, Mont de Beuvray] Catégorie:Monde celtique Catégorie:Histoire urbaine Catégorie:Architecture militaire ja:オッピドゥム ms:Oppidum

Côte-d'Or

La Côte-d'Or (21) est un département français.

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Côte-d'Or Le département de la Côte d'Or a été crée le 4 mars 1790 par l'assemblée constituante à partir de l'ancienne province de Bourgogne.

Politique

Article détaillé : Politique de la Côte-d'Or
- Liste des députés de la Côte-d'Or
- Liste des sénateurs de la Côte-d'Or
- Liste des conseillers généraux de la Côte-d'Or
- Arrondissements de la Côte-d'Or
  - Arrondissement de Dijon
  - Arrondissement de Beaune
  - Arrondissement de Montbard
- Cantons de la Côte-d'Or
- Communes de la Côte-d'Or
- Liste des préfets de la Côte-d'Or

Géographie

Liste des préfets de la Côte-d'Or Article détaillé : Géographie de la Côte-d'Or La Côte-d'Or fait partie de la région Bourgogne. Elle est limitrophe des départements de l'Yonne, de la Nièvre, de Saône-et-Loire, du Jura, de la Haute-Saône, de l'Aube et de la Haute-Marne. Cours d'eau : l'Armançon, la Saône, la Seine, le Serein

Climat

Article détaillé : Climat de la Côte-d'Or

Économie

Article détaillé : Économie de la Côte-d'Or

Démographie

Article détaillé : Démographie de la Côte-d'Or Les habitants de la Côte-d'Or sont les Côte-d'Oriens.

Culture

Article détaillé : Culture en Côte-d'Or

Tourisme

Article détaillé : Tourisme en Côte-d'Or

Divers

Voir aussi

Liens internes


- Département français

Liens externes


- [http://seurre-21.site.voila.fr/index2.htm Seurre et la Saone, Bourgogne - Tourisme et vie locale - français et anglais]
- [http://www.Cote-dOr.pref.gouv.fr/ Préfecture de la Côte-d'Or]
- [http://www.cg21.fr/ Conseil général de la Côte-d'Or]
-
ja:コート=ドール県

Seine

La Seine est un fleuve français qui traverse Troyes, Paris et Rouen. La Seine a une longueur de 780 kilomètres. Sa source se situe à 470 mètres d'altitude, à Saint-Germain-Source-Seine sur le plateau de Langres, en Côte-d'Or. Son cours a une orientation générale du sud-est au nord-ouest. Elle se jette dans la Manche, près du Havre. La superficie du bassin versant est d'environ 75 000 km². Celui-ci occupe une partie importante du bassin parisien.

Étymologie

Seine vient du latin Sequana, lui-même emprunté aux peuplades celtiques autochtones. L'origine du nom Sequana est obscure. Certains y voient une erreur de transcription d'un ou de plusieurs mots celtes différents. D'autres un toponyme préceltique, au motif que le groupe 'kw' n'existe pas en celtique continental, où il a évolué en 'p' (exemple : pimp en gallois, cinq < indo-européen
- kwenkw). Cependant, cette évolution a pu se produire postérieurement à l'attribution du nom Sequana par les premiers arrivants celtes : ceux-ci semblent en effet avoir parlé un « proto-celtique » où la mutation kw > p n'était pas encore réalisée, comme l'attesteraient certaines inscriptions celtibères retrouvées en Espagne.

Géographie

Espagne La faible déclivité de la vallée de la Seine, en Île-de-France et en Normandie, a causé la formation de multiples et profonds méandres. Pour la même raison, les effets de la marée se font sentir sur une centaine de km, jusqu'à Poses (barrage le plus aval) et se manifestaient jusqu'à un passé récent, par le phénomène du « mascaret ». La Seine est une voie navigable très importante, reliant Paris à la Manche. De ce fait, deux des plus importants ports fluviaux de France s'y trouvent : Paris (port de Gennevilliers) et Rouen qui est également un important port maritime permettant le transbordement (Premier Port céréalier d'Europe). Elle est navigable en amont de Paris jusqu'à Nogent-sur-Seine, important port céréalier. Autres ports fluviaux notables : Limay-Porcheville (agglomération de Mantes-la-Jolie), Montereau (sites gérés par le port autonome de Paris). De nombreuses industries sont situées le long de la vallée de la Seine, notamment automobile (Poissy, Flins, Cléon, Sandouville), pétrochimie (Port-Jérôme, Gonfreville l'Orcher, Notre-Dame-de-Gravenchon, Petit-Couronne), centrales thermiques (Porcheville, Saint-Ouen), centrale nucléaire (Nogent-sur-Seine). Le lac artificiel de la Forêt d'Orient, en amont de Troyes, a été créé dans les années 1960 pour régulariser le débit du fleuve. lac artificiel de la Forêt d'Orient, Haute-Normandie]]lac artificiel de la Forêt d'Orient Curiosité : Les sources de la Seine sont la propriété de la ville de Paris depuis 1864. Une grotte artificielle a été construite l'année suivante pour abriter la source principale et la statue d'une nymphe symbolisant le fleuve. Cependant, la capitale s'en est désintéressée depuis et la parcelle devrait revenir à la région Bourgogne qui souhaite valoriser le site. Celui-ci abrite également les vestiges d'un temple gallo-romain. Des objets témoignant du culte aux sources du fleuve (Dea Sequana) sont exposés au musée archéologique de Dijon. Bourgogne Bourgogne Les principaux affluents de la Seine et leur longueur :
- l'Aube (D) - 248 km
- l'Yonne (G) - 293 km
- le Loing (G) - 166 km
- l'Essonne (G) - 90 km
- l'Orge (G) - 50 km
- la Marne (D) - 525 km
- l'Oise (D) - 302 km
- l'Epte (D) - 100 km
- l'Andelle (D) - 54 km
- l'Eure (G) - 225 km
- la Risle (G) - 140 km. Elle se jette dans l'estuaire de la Seine. NB : D=Droite G=Gauche

La Seine et les peintres

Risle

Voir aussi

Liens internes


- Liste des fleuves de France
- Liste des ponts sur la Seine
- Liste des écluses de la Seine
- La Seine à Paris

Liens externes


- [http://www.sequana-normandie.com/ Sequana Normandie] Catégorie:Seine Catégorie:Fleuve Catégorie:Cours d'eau de France catégorie:Cours d'eau navigable ko:센 강 ja:セーヌ川

Châtillon-sur-Seine

Chatillon-sur-Seine Châtillon-sur-Seine est une commune française, située dans le nord du département de la Côte-d'Or et la région Bourgogne. La ville est traversée par le haut cours de la Seine et se situe dans une région d'importants massifs forestiers. C'est le centre du Pays du Châtillonais qui regroupe 110 communes.

Géographie

Histoire

La région compte de nombreux vestiges d'occupation aux époques pré-celtiques et celtiques, pierres levées et surtout oppidum du mont Lassois, situé à 6 km de la ville et qui fut un important centre d'habitat dès l' âge du bronze. On sait qu'au VIIIe siècle les populations s'étaient déplacées sur l'actuel site de la ville et avaient fortifié une colline, le Castel qui donna son nom à Châtillon. En 886, l'évèque de Langres, afin de mettre à l'abri les reliques de Saint Vorles, les apporta à Châtillon. Cependant, une autre enceinte fortifiée existait sur l'autre rive de la Seine et Châtillon fut pendant tout le Moyen Âge séparée en deux entités rivales, l'une appartenant aux Bourguignons (Chaumont) et l'autre à l'évèque de Langres (le Bourg). En 1638, les deux villes furent réunies par un traité sous l'autorité du roi de France.

Administration

Démographie

Lieux et monuments

Moyen Âge
- l'église Saint-Vorles : située sur une colline qui domine la ville l'église date des Xe et XII siècles. C'est l'emplacement d'origine de la ville, occupé dès l'antiquité. Non loin se trouve les ruines du château des ducs de Bourgogne (XIIIe siècle). Au pied de la falaise se trouve la source de la Douix, résurgence d'une rivière souterraine et lieu de culte dès l'époque celtique.
- l'église Saint-Nicolas de la fin du XIIe siècle.
- le musée archéologique, situé dans un hotel particulier de style renaissance, abrite une collection d'objets découverts dans la région, notament le fameux trésors de Vix, mobilier complet d'une tombe à char de l'époque du premier âge du fer.
- le couvent des Cordeliers, reconstruite en 1630, il conserve un cloître plus ancien. C'est là que se tenait le grand quartier général du Maréchal Joffre lors de la Bataille de la Marne.
- l'Hôtel du Congrès, hotel particulier du XVIIe siècle où s'est tenue la rencontre des souverains des puissances coalisées et de Napoléon Ier en 1814.

Personnalités liées à la commune

Le héros incontournable de Châtillon-sur-Seine est le Maréchal Marmont, Duc de Raguse et Pair de France. Il est d'ailleurs enterré au cimetièrs Saint-Vorles. Près de lui, est enterré le Général Baron Claude Testot-Ferry, qui fut longtemps son premier aide de camp, et qui termina sa vie à Châtillon-sur-Seine.

Voir aussi


- Communes de la Côte-d'Or

Liens externes


- [http://www.mairie-chatillon-sur-seine.fr/ Site officiel de la ville]
- [http://www.ign.fr/affiche_rubrique.asp?rbr_id=1087&CommuneId=22491 Châtillon-sur-Seine sur le site de l'Institut Géographique National]
- [http://www.recensement.insee.fr/RP99/rp99/co_navigation.co_page?nivgeo=C&codgeo=21154&theme=ALL&typeprod=ALL&lang=FR&quelcas=LISTE Châtillon-sur-Seine sur le site de l'Insee]
- [http://www.quid.fr/communes.html?mode=query&req=Châtillon-sur-Seine Châtillon-sur-Seine sur le site du Quid]
- [http://www.lion1906.com/Pages/ResultatProximiteCoord.php?RadLat1=0.835295187502178&RadLong1=0.0798439651462248 Communes les plus proches de Châtillon-sur-Seine]
- [http://www.lion1906.com/Pages/ResultatLocalisation.php?InseeVille=210154 Localisation de Châtillon-sur-Seine sur une carte de France]
- [http://www.mapquest.com/maps/map.adp?latlongtype=decimal&latitude=47.8588888888889&longitude=4.57472222222222&zoom=8 Plan de Châtillon-sur-Seine sur Mapquest]

Italie

|- valign="top" | Président de la République | Carlo Azeglio Ciampi |- valign="top" | Président du Conseil | Silvio Berlusconi
(gouvernement III au 23 avril 2005) |{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{1er janvier{1er novembre{it{it{Commons|Category:Italy|l'Italie{it{wikitravel|l'Italie|Italie{it_icon{Pays d'Europe (UE){Portail Italie

Celtes

Les Celtes (grec keltoï) – dont certains furent nommés « Galates » (grec galatai), puis « Gaulois » (latin galli) par les Grecs puis par les Romains – constituent une civilisation protohistorique européenne (qui survécut au Moyen Âge en Irlande, jusqu'à l'évangélisation de l'île par Saint Patrick au ). Les Celtes appartiennent à la famille des Indo-européens. Ne connaissant pas d'unité politique, ceux que l'on désigne ainsi étaient une myriade de peuples possédant des lois, des coutumes, des rites différents (César, De Bello Gallico, I, i), surtout connus dans les sources antiques grecques et romaines pour leur valeur guerrière, leur caractère emporté, leurs sempiternelles luttes intestines et pour les mystères de la religion druidique. Ils ne constituèrent pas une civilisation sanguinaire et destructrice comme les auteurs anciens l'ont souvent écrit (ils sont connus pour avoir pratiqué les sacrifices humains et pour avoir voué un culte aux têtes coupées, notamment chez Diodore de Sicile), mais bien une culture riche, unique durant l'Antiquité, qui sut s'épanouir et notamment, développer un art tendant à l'abstraction dont la valeur est aujourd'hui reconnue. C'est certainement leur incapacité à s'unir et à fonder des entités politiques plus vastes que la cité ou la confédération de peuples qui les a perdus : il semble qu'à l'instar des Grecs archaïques, les Celtes eussent horreur du centralisme et ne connussent que des alliances temporaires, fondées sur le clientélisme (voir à l'article « Gaulois »). L'histoire des Celtes est marquée par une succession de conquêtes spectaculaires (jusqu'au ) qui les menèrent jusqu'en Asie Mineure, puis par une suite de revers militaires qui les cantonna aux seules îles britanniques et à l'Irlande, après la guerre des Gaules de -58 à -51.

Sources et définition

Sources historiques

Les Celtes sont apparus dans l'Histoire au travers de textes postérieurs, rédigés par leurs ennemis (comme la Guerre des Gaules, de Jules César) et/ou d'après le souvenir de leurs victimes (ils assiègent le Capitole et pillent le sanctuaire panhellénique de Delphes au ), ce qui leur vaut la description de barbares sanguinaires qui a été mentionnée plus haut. Il faut attendre près de deux siècles pour que - la plupart de ces peuples en mouvement s'étant déjà fixés depuis longtemps - les sources nous livrent une profusion de détails géographiques et culturels qui ne sont plus directement en relation avec le bellicisme celtique. Ainsi, les limites géographiques des peuples celtiques sont mieux connues à l'époque de la république romaine tardive (), au moment même où les Celtes sont pris en tenaille sous les assauts conjugués des Romains et des Germains. Voici une liste, non-exhaustive et à développer, des principaux auteurs anciens qui nous renseignent sur les Celtes :
- Hécatée de Milet (première mention historique) et Hérodote, Histoires
- Polybe, Histoires (livre II)
- Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines
- Posidonios (ou Posidonius, dit de Rhodes ou d'Apamée), Le monde, L'océan, Histoires (continuation de l'œuvre de Polybe)
- Diodore de Sicile, Bibliothèque historique
- Jules César, De bello gallico
- Tite-Live, Histoire romaine
- Strabon, Géographie (notamment inspiré par Posidonios)
- Pline l'Ancien, Histoire naturelle
- Lucain, La Pharsale (en particulier sur la religion)
- Ammien Marcellin, Histoires, XV (reprend Timagène d'Alexandrie)
- Michelet, Le moyen-age, histoire de France

Sources littéraires

Les sources historiques ne constituent qu'une approche du domaine celtique, et l'on reste au niveau de l'approximation. C’est par l'étude de la littérature irlandaise médiévale que l’on comprend la spécificité celtique, dans l'Antiquité. L'Irlande n’a pas connu la romanisation, et de par son insularité, la civilisation celtique a perduré jusqu’à l’arrivée de Saint Patrick au . Henri d'Arbois de Jubainville a recensé, en 1883, 953 manuscrits irlandais dans les bibliothèques, sans prendre en compte ceux qui sont conservés dans des collections particulières. Ces textes datent de différentes époques, le plus récent est du ; cependant l'archaïsme de la matière est indépendante de la date du document, comme l'ont démontré Christian-Joseph Guyonvarc'h et Françoise Le Roux dans La civilisation celtique (Objections et problèmes de méthode). Il arrive aussi qu'un texte du soit la retranscription d’un texte du , ou que tel Livre soit la compilation de récits connus par ailleurs. Cette littérature comporte quatre catégories : le cycle mythologique, le cycle héroïque d’Ulster, le cycle de Finn et le cycle historique. Outre la difficulté linguistique (irlandais ancien), il convient au philologue de retrouver le substrat archaïque des Celtes de l'Antiquité, dans un contexte fortement christianisé. Certains faits, certains mythes ont été remaniés de façon à correspondre aux dogmes de l'Eglise. D'autres éléments, du fait de leur ancienneté, étaient simplement incompréhensibles pour les copistes, la retranscription devient parfois aléatoire. Les travaux de ces dernières décennies ont considérablement modifié l'approche que l'on doit avoir du sujet, notamment avec l'étude comparative dans le cadre des Indo-européens. Cela se ressent dans les domaines de la mythologie, du druidisme, de la structure de la société. Ces sources littéraires précisent et confirment ce que nous avons appris des sources historiques, et sont aussi utiles aux études archéologiques. Pour les textes les plus importants, on peut citer par exemple :
- Tain Bo Cualnge (La razzia des vaches de Cooley)
- Lebor Gabála Érenn (Le Livre des Conquêtes d'Irlande)
- Immacallam in da thuarad (Le dialogue des deux sages)
- Auraicept na nEces (Le rudiment du poètes)
- Cath Maighe Tuireadh (La bataille de Mag Tured)
- Dindshenchas (Antiquités ou histoires des forteresses)
- Mesca Ulad (L'ivresse des Ulates)
- Sanas Cormaic (Glossaire de Cormac)
- Suidigud Tellach Temra (La fondation du domaine de Tara)
- Tochmarc Emire (La courtise d'Emer)
- Tochmarc Etain (La coutise d'Etain)
- Aided Con Culaind (La mort de Cuchulainn)
- Airne Fingen (La veillée de Fingen)
- Aislinge Oengusso (Le rêve d'Oengus)
- Compert Conchobair (La conception de Conchobar Mac Nessa)
- Forbuis Droma Damhghaire (Le siège de Druim Damhghaire) auxquels on peut ajouter les textes Gallois :
- Les Mabinogion (ou Les Quatre branches du Mabinogi)
- Hanes Taliesin (L’histoire de Taliesin)

Sources archéologiques

L'archéologie nous renseigne quant à elle sur un autre aspect important du monde celte : l'importance de l'artisanat, qui explique aussi une domination des arts mineurs, tels que l'orfèvrerie, dans les arts celtiques. De plus, nombre des innovations du monde celte qui ne sont pas des œuvres d'art, telles que l'enclume ou le tonneau connaissent un succès mérité dans le monde romain. Une statuaire celte est connue, qui a longtemps été cantonnée au sud-est de la Gaule (Roquepertuse, Entremont, guerrier gaulois de Vachères) et dont on supposait qu'elle était due à l'influence proche de Marseille grecque. L'invention d'une statue originale à Glauberg (Allemagne) démontre que cette vision des choses est partielle. Les sources archéologiques ont également permis d'acquérir une connaissance importante de l'armement celtique ou encore, récemment, d'entrevoir un univers spirituel sanguinaire qui s'approche d'avantage de celui que les textes romains présentaient pour les peuples belges. Enfin, les objets et les structures livrés par les nombreux oppida (véritables villes-fortifiées comme à Entremont, près d'Aix-en-Provence ou à Bibracte, la capitale des Éduens) ont mené à la conclusion que les Celtes avaient progressivement développé, jusqu'à la veille de la conquête romaine, une civilisation complexe, qui n'ignorait plus l'urbanisme.

Étendue et peuplement du « monde celtique »

Compte tenu de la durée de la civilisation des Celtes, qui s'étend de la protohistoire jusqu'au Moyen âge, et compte tenu des dimensions de l'espace géographique que les Celtes occupèrent en Europe, il convient avant d'aborder la question du peuplement celtique de rappeler quelles sont les limites connues et communément admises pour le monde « celtique » (la koiné celtique). Les sources les plus anciennes mentionnent les Celtes, habitant les régions qui vont des colonnes d'Hercule jusqu'au Danube (Hérodote au milieu du , c'est-à-dire à peu de choses près l'Espagne, la France, le nord de l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche (où la présence de populations à caractère celtique est attestée). C'est à la fin du qu'apparaît, encore dans les sources grecques, le terme « Galates » pour désigner précisément les Celtes réunis sous l'autorité d'un Brenn (chef) qui se heurtent aux Grecs à partir de -310, traversent non sans laisser de traces les Balkans et gagnent l'Asie près de Byzance. Le contexte dans lequel ce nom est utilisé laisse penser que les intéressés se nommaient ainsi. Près de deux siècles et demi après, Jules César mentionne les Gaulois, qui se nomment Celtes dans leur langue et qui habitent une partie de la Gaule (les deux autres parties étant peuplées par les Aquitains et par les Belges). Point commun de ces trois témoignages qui reflètent par ailleurs des réalités et des objectifs différents, l'existence des Celtes est attestée durant ces siècles qui, d'Hérodote à César, constituent ce que les archéologues ont nommé « civilisation de la Tène » (du site de La Tène, sur la Thielle, en Suisse). À ce « domaine celtique » attesté par les sources historiques, il faut ajouter l'île de Bretagne, également conquise peu après par les Romains et dont César mentionnait la spécificité par rapport à la Gaule. Il faut, enfin, ajouter l'Irlande, de l'âge du fer jusqu'au haut Moyen Âge, telle que la révêlent l'archéologie et la tradition, les textes chrétiens insulaires de cette dernière période.

Celtes ou Gaulois ?

Considérant ces données, une définition restrictive des Gaulois se rapporte, pour les archéologues, à ce qui relève des régions continentales relativement proches de Rome (sur les territoires de la France, de la Belgique, de l'extrême ouest de l'Allemagne et de l'Italie du nord), et peuplées par des Celtes entre la fin du et la fin de la conquête de la « Gaule chevelue » par Jules César (en -51). Cette définition exclut notamment les Celtes de Bretagne et d'Irlande, les Celtes de Bohême ou Scordisques, mais inclut les Belges, les « Gaulois du midi » (soumis par Rome un siècle avant leurs voisins du nord), et les Gaulois cisalpins. A contrario, on regroupe sous le terme Celtes les Gaulois (y compris les Belges), les Scordisques (Celtes danubiens), les Celtibères (Celtes d'Ibérie, c'est-à-dire d'Espagne) les Bretons (Celtes de Grande-Bretagne), les Gallois du haut Moyen Âge, les Celtes d'Irlande ou encore, les Galates d'Asie mineure.

Histoire

Ethnogenèse des Celtes

Concernant l'origine des Celtes, deux explications extrêmes sont possibles sans qu'aucune donnée archéologique ou historique ne permette de trancher. Soit une vague de peuplement pré-celtique ou celtique de l'Europe aurait eu lieu, se superposant à un ou plusieurs peuplements antérieurs: le problème de savoir quand et à partir de quel foyer ce peuplement se serait produit se pose alors. Soit une civilisation à proprement parler « celtique » se serait lentement développée par diffusion culturelle sur un fond de peuplement préhistorique antérieur : dans ce cas, aucun bouleversement ethnique d'importance n'aurait accompagné la « naissance » des Celtes. Évidemment, la combinaison ou la juxtaposition partielle de ces deux explications est également possible. En tous cas, les ancêtres des Celtes, peut-être à rechercher parmi les peuples pré-celtiques, furent probablement parmi les premiers Indo-européens à avoir remonté le Danube et peuplé la région alpine. Ces peuplades préhistoriques occupèrent durablement toute la partie occidentale de l'Europe, de l'Écosse au Nord jusqu'à l'Espagne au sud, et des Balkans à l'Est jusqu'à l'Irlande à l'ouest.

La culture des champs d'urnes

Pour de nombreux chercheurs, les origines d'un peuplement qu'on peut réellement associer au nom des Celtes seraient identifiables à partir du , au premier âge du fer, dès la fin de la culture des champs d'urnes. Un changement culturel majeur, en effet, a lieu dans l'Europe préhistorique, vers -1300 : l'exploitation du bronze, et sa production gagnent brutalement en qualité et, dans le même temps, les tumuli (latin – sing. tumulus : tertres funéraires) sont remplacés par des champs d'urnes : les sépultures ne se font plus par inhumation mais par crémation. Les cendres des défunts sont alors placées dans une urne qui est rassemblée avec d'autres. L'expansion de ce mode de sépulture est constatée dans toute l'Europe centrale et occidentale, jusqu'à l'Irlande.

La culture de Hallstatt : premier âge du fer

Vers -900 à -800, une innovation technologique considérable vient bouleverser une civilisation relativement stable : la métallurgie du fer. Les débuts de cette métallurgie sont connus dans le sud de l'Allemagne, l'Autriche et l'est de la France : ils semblent associés à l'émergence d'une aristocratie guerrière dont le prestige repose sur l'usage de l'épée et sur la possession d'attelages d'apparat (les premiers chars celtiques). C'est la culture du Hallstatt (repère H sur la carte ci-dessous). Il faut moins de cent ans pour que ces technologies soient connues dans l'ensemble du monde celtique, preuve d'une grande cohésion de l'ensemble dès cette époque. Parmi les sites de cette époque, l'un des plus connus est le tombeau de la princesse de Vix, en Côte-d'Or. Si la prospérité économique initiale du premier âge du fer, période qui semble avoir été relativement stable sur le plan politique, repose sur un axe commercial nord-sud, situé à l'est des Alpes et reliant la Méditerranée à la Baltique (route du commerce de l'ambre), des changements surviennent dès les VIII-VII siècles avant notre ère. Vers -700/-600, en effet, les inhumations sous tumulus réapparaissent, sans doute liées à des changements religieux qui traduisent une dégradation économique. Les centres économiques originels du premier âge du fer connaissent à la même période un déclin au profit de nouveaux centres secondaires. Le site de Hallstatt est brûlé et ne sera plus réoccupé ; simultanément, la multiplication de petits oppida (latin sing. oppidum : un lieu élevé (colline ou montagne) dont les défenses naturelles ont été renforcées par la main de l'homme) traduisent un état d'insécurité corrélatif à un émiettement de l'autorité politique. Des mouvements de peuples sont alors attestés par les sources grecques : c'est à cette époque qu'est utilisé pour la première fois le terme keltoi pour désigner les peuplades résidant au nord des Alpes.

La culture laténienne : deuxième âge du fer

Vers -400 au plus tard, débute en Europe continentale une nouvelle période, appelée le deuxième âge du fer. Elle est caractérisée par une nouvelle civilisation qui doit son nom à un site remarquable : celui de La Tène (repère L sur la carte jointe plus loin), découvert sous les eaux du lac de Neuchâtel, en Suisse. Au même moment, des peuples celtiques se mettent en route à travers toute l'Europe et bouleversent le monde antique.

L'expansion celtique des IV-III siècles

Peut-être dans le prolongement des bouleversements des V-VI siècles, les Celtes entament au début du IV siècle une phase d'expansion vers l'Est et vers la Méditerranée. Tour à tour envahisseurs et pillards redoutés, les Celtes sont à Rome en -390. Vers -350 ils envahissent la future Bulgarie, la Thessalie, Athènes. Ils pillent Delphes et fondent Belgrade. Une ambassade celte rencontre Alexandre le Grand sur les rives du Danube. En -278, la présence de mercenaires celtiques en Galatie (Asie mineure, repère G sur la carte) est attestée : ils vont jusqu'en Syrie.
Ainsi, c'est durant la deuxième période de l'âge du fer, celle de la Tène (repère L sur la carte) que l'existence des Celtes est réellement attestée par des sources historiques et c'est à la fin du III et au début du II siècle qu'ils connaissent leur plus grande expansion géographique (zone 2 sur la carte). Ils la doivent sans doute en premier lieu à leur armement en fer. La métallurgie du fer, en effet, maîtrisée à l'époque de Hallstatt, confère une indéniable supériorité militaire et matérielle. Elle constitue dès l'origine, avec la langue, le plus sûr indice d'appartenance au monde celtique. L'expansion de cette technologie est très importante, de l'Europe centrale jusqu'à la Mer noire, en passant par l'Ukraine. Un autre facteur important semble être leur mobilité. Les Celtes ont d'abord et durant très longtemps une réputation de mercenaires : l'on connaît des troupes de guerriers isolés, mais également celles accompagnées d'une population entière, accomplissant ce que les Romains nomment ver sacrum, c'est-à-dire une migration sacrée. Cette réputation va perdurer. Très réputés même après la défaite d'Alésia, les Celtes serviront dans les armées romaines comme auxiliaires : les cavaliers gaulois. Parmi l'armement celtique, l'épée longue celtique sera copiée par les Germains qui en feront plus tard l'instrument de leurs victoires sur les Romains. La cotte de mailles, enfin, est une invention celtique qui sera reprise dans tout le monde antique avant de connaître le succès que l'on sait au Moyen Âge. À côté de cela, les Celtes utilisent la fronde et la lance. L'arc ne se répand qu'au moment de la résistance contre Rome.

Les défaites des II-I siècles

Aux II-I siècles avant notre ère, les Celtes sont soumis sur le continent à la pression conjuguée des Germains à l'est et des Romains au sud. À la suite d'un appel à l'aide de Marseille, menacée par les peuplades celtiques voisines, Rome annexe la Narbonnaise durant le dernier tiers du II siècle. Les invasions de bandes armées et la pression démographique des Germains entraînent des migrations de peuples celtiques vers l'ouest, comme celle des Helvètes conduits par leur roi Orgétorix, et suscite des tensions avec les peuples gaulois. C'est ce dernier facteur qui provoque la guerre des Gaules et marque la fin de l'indépendance celtique sur le continent à partir de -58. L'intervention de César aurait alors été motivée, écrit-il, par le désir de renvoyer les Helvètes chez eux afin de ne pas laisser des peuples germaniques d'outre-Rhin occuper le plateau suisse. Occupée par le conquérant romain qui s'est immiscé dans la politique gauloise, une partie de la Gaule se soulève en janvier -52. Après la défaite à Alésia du chef de la coalition gauloise, Vercingétorix, la Gaule est entièrement occupée. Les derniers opposants sont vaincus en -51 à Uxellodunum où ils s'étaient réfugiés. Au I siècle de notre ère, l'île de Bretagne est conquise à son tour : dès lors, la civilisation celtique ne survit plus qu'en Irlande. Cette dernière île est christianisée au V siècle.

Chronologie des Celtes


- vers -750 / -700 : début du premier âge du fer en Gaule
- vers -600 : Fondation de Marseille par des colons grecs de Phocée
- vers -600 / -550 : premières inscriptions en langue celte à Sesto Calende (Italie du Nord)
- vers -500 / -450 : début de l'expansion celte en Gaule et Italie du Nord. Migrations en Grande Bretagne
- vers -475 / -450 : début du deuxième âge du fer en Gaule
- vers -400 : invasion gauloise en Italie
- -396 / -390 : deuxième vague d'invasions celtes dans la plaine du Pô, prise de Melpum (Milan), les Gaulois et les Romains s'affrontent à Clusium
- -387 : mise à sac et prise de Rome, installation de Celtes transalpins en Italie
- -379 / -368 : Denys l'Ancien s'allie à des mercenaires celtes pour combattre les Béotiens en Grèce
- vers -365 / -349 : installation de Celtes dans la vallée du Tibre, en Campanie et en Apulie
- -354 / -350 : Rome s'allie avec les Samnites contre les Gaulois qui s'emparent de Bologne. Les Boïens s'installent en Bohême. Les Celtes traversent le Danube
- -336 / -323 : règne d'Alexandre le Grand. Il rencontre une ambassade celtique sur le Danube
- vers -335 : apparition des premières monnaies gauloises. Paix entre Romains et Sénons
- vers -310 : invasions celtes en Illyrie
- -307 : présence de mercenaires celtes en Afrique
- -300 / -295 : conquête de la Gaule méridionale par les Celtes. Percée en Bulgarie et en Thrace. Défaite gauloise face aux Romains à Sentinum (-295)
- -285 : défaite romaine à Arretium (Arezzo). Puis victoire décisive sur les Sénons
- -283 : défaite des Gaulois cisalpins (d'Italie) contre les Romains
- -280 / -278 : invasions celtiques en Grèce et en Asie Mineure : les Celtes occupent la Macédoine, Brennus met à sac le sanctuaire de Delphes, invasion des Galates en Thrace, en Macédoine et en Asie Mineure, Antiochos I de Syrie leur accorde un territoire (-275)
- -265 : Rome domine l'Italie
- vers -250 : les Belges entrent dans le Nord de la Gaule. Invasions celtes en Cisalpine et dans la plaine du Pô
- vers -241 : Attale I de Pergame défait les Galates
- -225 / -222 : victoire romaine sur les Transalpins et Cisalpins en Italie du Nord. Et sur les Boïens, et leurs auxiliaires Germains, à Clastidium
- -221 : victoire d'Hannibal sur les Celtibères
- -218 / -216 : les Celtes de Thrace passent en Asie Mineure sur l'invitation d'Attale I. Hannibal traverse les Alpes accompagné par des Celtes transalpins
- -205 : les Romains achèvent de conquérir la péninsule Ibérique
- -202 : Hannibal est définitivement vaincu
- vers -200 : soumission des Gaulois d'Italie à Rome
- -197 / -196 : soumission des Cénomans et des Insubres (celtes cisalpins). Défaite et soumission des Boïens dont une partie repassent les Alpes. Défaite des Celtes en Italie du Nord (-194 / -190)
- -181 /-174 : premières révoltes des Celtibères
- -171 / -166 : les Romains entrent en Illyrie. Répression du soulèvement galate
- vers -165 : soumission des Celtes d'Asie Mineure à Rome (les Galates)
- vers -154 : deuxième révolte celtibère avec les Lusitaniens. Première expédition romaine contre les Salyens de Provence
- -146 : destruction de Carthage par les Romains et conquête de la Grèce
- -144 : troisième révolte celtibère
- -125 / -121 : deuxième expédition romaine contre les Salyens, conquête de la Narbonnaise par Rome et création de la Provincia. Les Romains pénètrent en Cisalpine : défaite des Allobroges et des Arvernes, déclin de l'hégémonie et fin de la royauté arvernes. Fondation d'Aix-en-Provence (-121)
- -120 / -101 : conquête et reddition de la Gaule du Sud : création de la Narbonnaise. Incursion des Cimbres et des Teutons se terminant par leur défaite
- -118 : Fondation de Narbonne
- vers -107 : Victoire des Tigurins et des Volques Tectosages sur les Romains à Agen, puis défaite des Volques
- -102 : Marius bat les Teutons à Aix-en-Provence
- -80 : Celtillos, père de Vercingétorix échoue à restaurer la royauté arverne
- -76 : répression des Volques
- -75 : le denier romain est imité en Gaule
- -62 / -61 : soulèvement des Allobroges, appel à Rome des Éduens
- -58 / -51 : conquête de la Gaule par Jules César. Incursion des Helvètes, César les défait près de Bibracte (-58). Campagnes face aux Belges (-57). Victoire navale sur les Vénètes d'Armorique qui se soumettent (-56). Expédition de César de l'autre côté du Rhin et première expédition dans l'île de Bretagne (-55). Deuxième expédition en Bretagne (-54) et chez les Germains (-53)
- -53 / -52 : Révolte d'une partie de la Gaule sous les ordres de Vercingétorix, qui obtient la victoire à Gergovie. Défaite de l'insurrection lors de la bataille d'Alésia, soumission des Arvernes et des Éduens
- -51 : bataille d'Uxellodunum ; les derniers révoltés d'Alésia sont soumis, la Gaule est pacifiée
- vers -50 : Victoire des Daces sur les Boïens de Pannomie
- -44 : assassinat de Jules César
- -43 : Lugdunum (Lyon) devient la « capitale des Gaules », la Gaule cisalpine est rattachée à l'Italie
- -35 : Octavien repousse la frontière romaine jusqu'au Danube
- -27 / -25 : Les tribus alpines sont soumises. La Galatie devient province romaine
- -17 : abandon de Bibracte, loppidum des Éduens, au profit d'Autun dans la plaine.
- vers -27 / 14 : mise en place de l'administration romaine en Gaule chevelue sous le principat d'Auguste. Organisation des provinces romaines de Gaule aquitaine, Gaule belgique et Gaule lyonnaise
- -14 / -6 : Les Romains prennent la Pannonie. Les Germains occupent la Bohême et la Moravie
- 14 :
imperium de Tibère
- 21 : révoltes en Gaule des Trévires et des Éduens dirigée par C. Julius Sacovir et C. Julius Florus. La révolte est matée et le territoire Trévire rattaché à la province de Germanie inférieure
- 43 : expédition de Claude dans l'île de Bretagne, résistance de Caratacus, la province romaine de Bretagne est créée
- 61 : révoltes en Bretagne, suite à la destruction du sanctuaire druidique d'Anglesey (île de Mona)
- 68 / 70 : révoltes en Gaule menées par le Lingon Sabinus ; La révolte est matée et le territoire Lingon rattaché à la province de Germanie supérieure
- 78 / 86 : Campagne d'Agricola dans l'île de Bretagne
- vers 88 : Débuts de l'établissement du
limes
- 219 : Généralisation de la citoyenneté romaine

Civilisation

Mobilité et Organisation du monde celtique

Si la mobilité des Celtes au second âge du fer est attestée par l'archéologie et par de nombreux témoignages historiques, en particulier entre le V et le II siècle avant notre ère, il est plus difficile d'aborder la question de l'organisation du monde celtique à partir du premier âge du fer. Pour le « Hallstatien », en effet, nous ne disposons que de sources archéologiques. Durant cette période, le commerce avec la Méditerranée conduit à la constitution d'un véritable réseau de « principautés » s'étalant en arc de cercle depuis l'est de la Gaule jusqu'en Bohême (République tchèque). Ces principautés dominent chacune un territoire de 30 à 40 kilomètres de rayon (Patrice Brun) : les sites de Vix, de la Heuneburg, et de Hohenasperg font situer le cœur de ce phénomène de concentration du pouvoir entre la Bourgogne et le Wurtemberg, du IX au V siècle. Les échanges commerciaux avec la Méditerranée (axe nord-sud) ont pu, en effet, aboutir à la constitution de centre économiques servant de relais vers les régions plus lointaines de l'Europe barbare. Ces centres subissent les effets d'un glissement des routes commerciales de l'est des Alpes vers la plaine rhodanienne à la fin de la période. Les intermédiaires barbares dans le commerce avec la Méditerranée se multiplient alors et les « principautés de la Celtique » déclinent rapidement (au V siècle). Vers la même période, la métallurgie du fer se répand en Grande-Bretagne : l'île était restée jusque là en périphérie de ce système d'échanges européens dont le contrôle était assuré par quelques « princes ». Pour le second âge du fer, c'est-à-dire La Tène, il faut distinguer deux grandes périodes : Du V siècle jusqu'à la fin du III siècle a lieu une période d'expansion des Celtes, qui est celle de la formation du domaine celtique proprement dit dans ses frontières les plus larges. Cette période est caractérisée par une série de migrations et d'invasions par des populations originaires du nord-est de la France et du nord des Alpes : ces migrations, indice d'une très grande mobilité, conduisent les Celtes dans le nord de l'Italie, en Europe de l'est jusqu'en Ukraine et même, à travers l'épopée des Galates, jusqu'en Asie mineure. On ne peut toutefois que deviner, à cette période, l'existence de plusieurs « ensembles » dans le monde celtique pour se faire une idée, très incomplète, de son organisation. Les connaissances qui viennent de l'archéologie, en effet, portent surtout sur les caractéristiques unitaires des Celtes : un art originaire de l'Europe centrale a quand même pu être distingué, qui est l'indice de la formation d'une culture celtique originale et prospère : celle des Scordisques de Pannonie. C'est aussi avec le reflux en Macédoine des Celtes qui avaient envahi la Grèce, au III siècle, que se constitue la culture celto-thrace des Taurisques. Les sources historiques concernent quant à elles essentiellement l'art de la guerre des Celtes : le mercenariat celtique est alors renommé dans le monde hellénistique. Sa présence est connue à travers plusieurs récits, comme celui d'une ambassade auprès d'Alexandre le Grand sur le Danube. On peut aussi tirer des sources, généralement postérieures, certains traits (légendaires ou non) de la mobilité géographique des Celtes. À l'origine de cette mobilité, on peut citer la pratique des migrations sacrées, sous la conduite d'un chef de guerre (
brenn), avec éventuellement l'incendie de la « ville » d'origine (attesté durant la période suivante chez les Helvètes). Les raisons exactes de cet essaimage, toutefois, demeurent inconnues, mais elles sont probablement démographiques. L'étymologie, enfin, nous livre un aperçu de la mobilité des peuples. Certains noms de peuples, en effet, sont connus en des régions d'Europe fort différentes aux III–I siècles : cela éclaire leurs mouvements aux V-II siècles, sans que le détail en soit toujours connu :
- des Vénètes sont connus en plusieurs régions d'Europe : ceux d'Armorique sont finalement battus en -56 par les galères de César dans le golfe du Morbihan.
- Des Volques servent peut-être de mercenaires sur le Danube à l'époque d'Alexandre le Grand, soit avant de s'établir dans la région de Toulouse, soit étant originaires de celle-ci. Il en va également des Rèmes, qui ont donné leur nom à Reims.
- Des Sénons (originaires de Sens ?) et des Boïens (qui ont ensuite donné leur nom à la Bohême) entrent en Italie, où leur chef, connu sous le nom de
Brennus, assiège et rançonne Rome en -390. Ceux-là sont établis au dans la plaine de et vivent au sud de Vertamocoriens (originaires du Vercors ?).
- Des
Celtae (« Celtes ») sont connus dans la péninsule ibérique, leur nom étant probablement du à leur origine étrangère à cette région.
- Des Galates, dont le nom est évidemment à rapprocher de celui, postérieur, des « Gaulois » de la Cisalpine, s'établissent quant à eux dans l'actuelle Turquie, profitant des guerres qui agitent l'Asie mineure.
- Des
BelgaeBelges ») sont présents au I siècle avant notre ère sur les rives de la Tamise, en Angleterre. On trouve aussi dans le sud de l'île des Parisii, peut-être à rapprocher des parisii, qui ont donné leur nom à la ville de Paris. En contraste avec la période précédente, les II et I siècles avant notre ère correspondent à une période de repli des Celtes. L'essentiel du monde celtique d'alors est connu principalement à travers l'œuvre à caractère politique de Jules César. Ce dernier distingue dans l'aire géographique désignée sous le nom de « Gaule », la « Celtique » proprement dite, la « Belgique » occupée par les « peuples belges » (des peuples celtes ou germano-celtiques) et l'« Aquitaine ». Selon Jules César, les peuples belges présentent alors des traits de caractère plus archaïques que leurs voisins occidentaux : l'archéologie a effectivement mis en évidence leur bellicisme, qu'on peut expliquer par la permanence des traits culturels de la période d'expansion précédente. Au début de la guerre des Gaules, les Gaulois ont quant à eux développé des systèmes fédératifs qui résultent, par le jeu des « clientèles », dans une concentration du pouvoir aux mains de quelques « cités ». Celles, rivales, des Arvernes, des Éduens et des Séquanes dominent clairement la Gaule chevelue à la veille de la conquête romaine. Pour expliquer cette évolution, il est possible d'invoquer un système plus ancien d'alliances à vocation militaire : celui qui donne naissance aux « fédérations de peuples ». Ce système, qui se serait mis en place durant la période d'expansion des Celtes, aurait perduré avant de se transformer aux II et I siècles suite à la disparition progressive des conflits internes au monde celtique. Des exemples de telles alliances sont connus chez des peuples établis à plusieurs centaines de kilomètres les uns des autres, au moment même où Rome conquiert le midi de la Gaule (dernier tiers du II siècle). Ainsi, le roi des Salyens a pu se réfugier chez les Arvernes, ou encore, les Voconces et les Allobroges ont pu former une coalition. Durant les temps qui précèdent la conquête romaine de la Gaule chevelue, probablement dès la fin du II siècle, ces alliances trouvent leur prolongement dans la paix pour des raisons économiques. Elles aboutissent alors à un système plus centralisé que les simples fédérations de peuples : une telle évolution explique la disparition de certaines royautés (chez les Arvernes) ou la distinction d'une oligarchie chez les Éduens. La naissance de cadres du pouvoir nouveaux en Gaule peut aussi expliquer l'utilisation du mot « cité » (civitas) par Jules César pour désigner une certaine réalité socio-politique gauloise en -58. La Gaule peut alors connaître une évolution comparable à celle menant à la naissance de la cité « classique », dans la Grèce archaïque : à la fois un ensemble de citoyens, un ensemble de lois et le territoire sur lequel s'exercent ces lois. La définition exacte à donner au mot « cité », s'agissant des Gaulois, et l'existence de frontières clairement établies entre les différents peuples de la Gaule, font cependant encore débat. Une évolution à peu près similaire a pu être proposée chez les Celtes de Bohême (du Boiohaemum). Ces derniers possèdent alors de somptueuses résidences dans des oppida dominant la voie danubienne : le rôle économique et religieux de ces places fortes est évident (cf. Petr Drda et Alena Rybova, Les Celtes de Bohême). Mais leur déclin est rapide, lié essentiellement aux luttes contre les Daces et à la pression des Germains. Certains de ces Boïens viennent d'ailleurs en Gaule où ils participent à la guerre contre les Romains. Pour compléter ce tableau, il faut noter l'existence de liens anciens et durables qui rapprochent les peuples occidentaux de la façade atlantique, de la Vendée jusqu'au sud-ouest des îles britanniques. Dans ces îles britanniques, aussi, la culture matérielle révêle ce qu'on peut assimiler soit à des particularismes, soit à des archaïsmes. L'habitat, notamment, demeure très éloigné des « villes » celtiques (Stéphane Fichtl) qu'on peut observer sur le continent : il montre plutôt la permanence de traits hérités de l'âge du bronze. L'usage du char de guerre, abandonné sur le continent lors du développement du mercenariat celtique, au plus tard au III siècle, perdure en Grande-Bretagne jusqu'à la conquête romaine. Et, si aucune trace archéologique n'a été trouvée dans cette île, les mythes irlandais du haut Moyen Âge en font en état. En résumé, que l'on compare entre elles les données archéologiques inhérentes à l'« espace » gaulois, au sens large, (en particulier les aires de diffusion des monnaies), ou encore qu'on prenne pour exemple les relations entre la Gaule Belgique et l'île de Bretagne (I. M. Stead, « Les peuples belges de la Tamise » dans Les Celtes, ouvrage collectif), il apparaît qu'à large échelle un réseau complexe de relations économiques et culturelles lie les Celtes entre eux au I siècle avant notre ère. Ces relations sont sous-tendues, à moindre échelle, par des clientèles et des fédérations de peuples élaborées probablement dans un but guerrier lors de la période de l'expansion celtique. Dans ce monde qui ne connaît pas d'unité politique dépassant le cadre – incertain – de la « cité » mentionnée par César, la tribu, le peuple, ou la (con)fédération de peuples, constitue à la fois le lieu originel et privilégié de l'identité des anciens Celtes et cette identité doit beaucoup à la guerre. Toutefois, avec la fin (relative) de la mobilité des Celtes, dès la fin du III siècle avant notre ère, et avec l'isolement puis le rétrécissement de certaines « régions » du domaine celtique, des évolutions séparées impriment leur marque sur les différentes composantes de cet espace : aussi, Belges, Gaulois (au sens strict), Celtes de Bohême, Bretons et Galates d'Asie mineure présentent, au I siècle avant notre ère, des différences importantes selon leur éloignement par rapport au modèle d'organisation précédent.

Art et culture

Mœurs

Sur les mœurs, bien que ce fait soit surtout mis en valeur par les historiens anglo-saxons, les récits mythologiques et épiques du Moyen Âge irlandais, postérieurs de plusieurs siècles, nous renseignent sur des traits de civilisation qui présentent une relative similitude avec ceux que décrivaient les Grecs anciens : les Celtes sont festifs, prompts à s'emporter, bagarreurs et superstitieux. Ainsi, selon Appien (VII.), les Celtes sont intempérants et se gorgent de bière ; cela rend leurs chairs flasques. Pour Strabon (IV. IV, 2.), les Gaulois sont irrascibles, prompts à la bataille et querelleurs (IV, 6.).,
etc. Ces traits de caractère, bien évidemment, relèvent en majorité de la vision qu'avaient les Latins des Celtes. Néanmoins, ce sont de tels passages qui nous renseignent sur d'autres aspects plus intéressants, quoique sujets à controverse, de la culture des anciens Celtes : ainsi, Diodore de Sicile nous apprend que les guerriers Celtes conservaient la tête de leurs ennemis et lui vouaient un culte, les textes irlandais quant à eux, s'ils rapportent le fait, ne lui donne pas un caractère religieux. Cette information a été mise en rapport avec les inventions archéologiques de linteaux de portiques représentant des têtes coupées, ou encore avec les décors proprement celtiques des portails des églises de l'Irlande chrétienne : ces derniers privilégient la représentation des têtes de saints. Lucain, quant à lui, renseigne ses lecteurs sur l'aspect sinistre et sanguinaire des lieux de culte des Celtes : ses affirmations, à rapprocher de celles de Strabon sur les sacrifices humains, ont depuis lors été mises en rapport avec les dépôts d'offrandes des sanctuaires celtiques de la Gaule septentrionale et Belgique.

Société

La
gens des peuples indo-européens constitue la base de la société celte. En d'autres termes, tout comme à Rome et en Grèce, ce sont des familles au sens large du terme qui forment ensemble un tuath, un clan. Cette famille, ou fine pour les Gaëls, a le même sens que familias en latin et inclut tous les parents jusqu'au neuvième degré. Au-delà du neuvième degré, une autre famille est constituée et les biens auparavant communs doivent être partagés. Le clan (par exemple, le clan écossais), ou tribu, appelé tuath en Irlande, est la cellule politique de base qui regroupe toute la hiérarchie sociale, du chef, ou roi, jusqu'au esclaves et biens communs. Le clan était un tout et pouvait tout régler de lui-même. Donc, si en apparence les Celtes n'avaient pas d'unité politique, c'est qu'ils n'avaient jamais eu de besoin d'unification au-delà du clan. Leur conception de l'Etat est à un l'opposé du spectre de celle des Romains pour qui un Etat presque totalitaire était ce à quoi toute pensée et toute activité étaient dédiés.
- Jean Markale, «La femme celte», Petite Bibliothèque Payot, Paris, 1989.

Écriture

Les Celtes découvrirent probablement l'écriture sous l'influence des Étrusques, en Italie du nord-ouest, où des inscriptions en langue celtique utilisent l'alphabet de Lugano : ces « inscriptions lépontiques » proviennent notamment de la culture de Golasecca, celticisée peut-être à la fin du ou vers 600 av. J.-C. au plus tard (R. C. De Marinis, « Les Celtes de Golasecca » in
Les Celtes, catalogue de l'exposition du Palazzo Grassi de Venise, cité en bibliographie). En Gaule méridionale, les « Gaulois du Midi » nous ont quant à eux livré plusieurs inscriptions utilisant l'alphabet grec. Ils ont pu acquérir la connaissance de cette écriture au contact de la cité phocéenne de Marseille, dans le sud-est de la France, dès le . Marseille Les inscriptions gallo-grecques (écriture avec l'alphabet grec de textes en langue gauloise) sont les plus importantes sources écrites par des Celtes qui nous sont parvenues pour la période antérieure à la conquête romaine de la Narbonnaise : elles couvrent des tessons (marques de propriété), des autels (dédicaces) et l'une d'entre elles est même datée de -500 / -450 (Italie du nord). Dans l'aire gauloise historique laténienne, l'usage de l'écriture aurait été limité par les druides pour des raisons culturelles et de tabou religieux (Jules César). Pour ce qui est du domaine insulaire, il convient de citer les Ogam, o

Tumulus

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Définition et description

Par le mot latin tumulus, on désigne une éminence artificielle, circulaire ou non, recouvrant une sépulture. La tombe peut être de dimensions très variables : d'un simple dépôt d'ossements brûlés jusqu'à une chambre sépulcrale très élaborée en pierre sèche et/ou en dalles, auquel cas on parlera de tumulus mégalithique (Voir Dolmen). Actuellement, les tumuli de terre sont rares car l'érosion et l'action de l'homme les a en partie effacés. Les tumuli de pierre (ou cairns) sont par contre assez bien conservés. Le tumulus est souvent consolidé sur son pourtour par un parement en pierre sèche voire par des blocs plus gros ou même par des pierres levées (le péristalithe). Dans le cas des monuments les plus imposants il peut y avoir une façade architecturée au niveau de l'entrée de la sépulture. Certains tumuli sont très élaborés et peuvent être structurés en parements concentriques. Ils présentent alors une élévation en gradins.

Quelques exemples

Le tumulus Saint-Michel de Carnac

Ce tumulus fut construit entre 5000 et 3400 avant J.-C. (au néolithique). À la base, il est long de 125 mètres et large de 60 mètres, il mesure 12 mètres de haut. Il a nécessité 35 000 mètres cubes de pierres et de terre. Sa fonction était la même que celle des pyramides d'Égypte, tombeau pour les membres d'une élite, il contenait divers objets funéraires pour la plupart exposés au Musée de la Préhistoire de Carnac. La chapelle érigée dessus, construite en 1663 à été détruite en 1923 pour être reconstruite à l'identique en 1926. (informations recueillies sur un panneau du ministère de la culture et de la communication à Carnac)

Le dolmen du Lamalou (Hérault)

ministère Ce tumulus n'est actuellement pas recouvert de terre (le fut-il?) et sa structure de pierre sèche (calcaire) est apparente. C'est l'un des rares dolmen héraultais à être encore couvert et enséré dans un gros tumulus.

Le dolmen de la bergerie de Panissière (Gard)

ministère Le tumulus de pierre sèche de ce dolmen est original (mais pas unique): son pourtour est délimité par un cercle de pierres levées intégrées à l'ensemble (le péristalithe).

Les kofun

Cette forme de tumuli mégalithiques se développa au Japon entre le IV et le VII siècles. Etant les seuls témoins archéologiques de cette période, ils ont donné leur nom à l'ère Yamato.

Égypte antique

Les Égyptiens de l'Antiquité ont utilisé les tumuli pour enterrer leurs morts jusqu'à la fin de période prédynastique. C'est n'est qu'à l'Ancien empire que les mastabas (puis les pyramides) prendront le pas sur les tumuli ; d'abord pour les pharaons, puis pour les nobles et les notables. Pour les Égyptiens, le tumulus représente la butte émergeant de l'océan primordial d'où naquit le soleil dans la mythologie héliopolitaine.

Amérique précolombienne

mythologie héliopolitaine La culture des bâtisseurs de tumulus (Mound Builders en anglais) s'est épanouie du Ier millénaire avant J.-C. au après J.-C. dans une grande partie des États-Unis actuels. Les Adénas semblent être les premiers à pratiquer l'art de la poterie et à enterrer leurs chefs sous des tumulus. Les Hopewells ou Hopewelliens leur ont succédé dans la vallée de l'Ohio du Ier siècle avant J.-C. au VIII siècle. Ils enterraient leurs morts avec des bijoux et des objets précieux, toujours sous des tumuli. Les sites les plus connus aux États-Unis sont la pyramide tronquée de Monk's Mound (Collinsville, Illinois) et Serpent Mound (Peebles, Ohio) qui dessine un serpent long de plusieurs mètres au sol. En Géorgie, des vestiges de la culture des bâtisseurs de tumulus ont été découvert à Etowah Indian Mounds. Catégorie:Rituel mortuaire Catégorie:Tombe Catégorie:Monument

Fibule

La fibule (du latin fibula signifiant attache) est l'ancêtre de l'épingle de sûreté. Dès l'Antiquité et au Moyen Âge, les hommes s'en servaient pour maintenir leurs vêtements fermés mais aussi comme élément de parure. Les fouilles archéologiques ont permis de retrouver des fibules en métal (bronze, or, fer) ou en ivoire, dont certaines sont incrustées de pierres précieuses. Aujourd'hui, les fibules sont très utiles aux archéologues afin de pouvoir dater les éléments d'une fouille archéologique. Catégorie:Artéfact archéologique Catégorie:AntiquitéCatégorie:Vie sous la Rome antique Catégorie:Moyen Âge

Scythes

ko:스키타이 ja:スキタイ catégorie:Peuple d'Asie Les Scythes - du grec Skùthai - sont un ensemble de peuples nomades, ayant vécu entre le VII siècle et le III siècle avant J.-C. dans les steppes eurasiennes. C'est une très vaste zone allant de l'Ukraine à l'Altaï, en passant par le Kazakhstan. Les Perses désignaient ces mêmes peuples par le nom de Saka, qui a été francisé en Saces. Les sources assyriennes mentionnent les Saces dès 641 ou 640 avant l'ère chrétienne. Les scientifiques admettent aujourd'hui que les Scythes parlaient une langue iranienne, mais certaines personnes, qui sont turques, continuent à soutenir une ancienne thèse selon laquelle les Scythes étaient turcophones (voir Peuples scythiques). La culture scythe est essentiellement connue grâce aux récits d'Hérodote. Ils constituent véritablement une source d'information très riche, mais ce «coup de projecteur» jeté sur les Scythes d'Ukraine pourrait faire penser que le phénomène scythe était essentiellement européen. Il n'en était rien. Les Scythes ont joué un rôle aussi important en Asie centrale qu'en Europe. Le problème est que pour les étudier, on ne dispose guère que de vestiges archéologiques. Puisqu'ils étaient nomades, les Scythes n'ont pas laissé d'autres monuments que leurs tombes, ainsi que des «pierres à cerfs», roches gravées de motifs animaliers.

Les origines

Archéologie

Durant le , une prestigieuse culture dite d'Andronovo (du nom d'une nécropole située sur l'Ienisseï) se développa au Kazakhstan et en Sibérie médionale. Elle était limitée par l'Oural à l'ouest, par le lac Baïkal à l'est, et elle s'étendait presque jusqu'au Syr-Daria au sud. La culture d'Andronovo était la première à avoir disposé du char de guerre à deux roues, tiré par deux chevaux, ce qui a sûrement beaucoup contribué à l'expansion de ses porteurs. Ces gens vivaient dans des villages, cultivaient la terre et élevaient des animaux. Ils fabriquaient des armes et des outils en bronze. Au cours des XIII et XII siècles avant l'ère chrétienne, afin de faciliter la transhumance, les éleveurs construisirent des habitations démontables aux murs en claie, dont le toit comportait une ouverture centrale. Ce fut le prototype de la yourte, utilisée aujourd'hui par tous les nomades de l'Asie centrale. Pour la plupart des spécialistes, la culture des Scythes est issue de celle d'Andronovo, avec quelques changements importants. Le plus marquant est l'abandon de l'agriculture au profit du nomadisme pastoral au cours du . Les hommes d'Andronovo étaient de type européen. Entre le VII et V siècle, les Saces vivant aux alentours de la mer d'Aral étaient aussi de type européen, pour la plupart semblable à celui d'Andronovo, mais on remarque déjà l'apparition d'éléments mongoloïdes. Le même métissage s'est produit au Kazakhstan oriental. Il y a un stade intermédiaire entre la culture d'Andronovo est celle des Scythes: la culture dite de Karassouk. Elle est datée du XIII au VIII siècle avant l'ère chrétienne et elle s'étendait sur la Sibérie méridionale, à l'ouest de l'Ienisseï, et une large partie du Kazakhstan et de la Mongolie. C'est dans le cadre de cette culture, durant sa phase finale, que les mutations se sont produites: le passage au nomadisme, mais aussi l'introduction de la métallurgie du fer. Les selles de chevaux, ainsi qu'un harnachement permettant le développement de la cavalerie montée, font leur apparition. Les hommes de Karassouk ont surtout laissé des tombes. Leurs techniques de construction des sépultures et leur poterie étaient issues de celles d'Andronovo, ainsi que certains de leurs bijoux, comme leur pendentifs tubulaires ou en forme de palme.

Mythologie

Selon les Yasht, qui constituent la partie mythologique de l'Avesta, le texte sacré des zoroastriens, un héros nommé Thraetaona partagea son royaume entre ses trois fils, Iradj, Salm et Tour. Iradj reçut la Perse, Salm la partie occidentale de son royaume et Tour la partie orientale. Tous ces territoires étaient iraniens. Le Yasht XVII (prière à la déesse Ashi, 55-56) parle des «Tours aux chevaux rapides». Selon les écrivains de l'Antiquité et du Moyen Âge, le Touran s'étendait dans les steppes du nord de la Perse et du Turkestan occidental (domaine des Sogdiens). Ceci permet de les identifier aux Scythes. Le roi Fraransyan du Touran agressa les Perses mais fut vaincu. Cette lutte est relatée dans le Yasht XIX. Si Thraetaona est purement mythique, il n'y a pas de raison de douter de la confrontation entre les Perses et les Touraniens, les nomades ayant toujours eu un comportement agressif. Avec l'arrivée des tribus turques au Turkestan, les Touraniens (et par conséquent les Scythes) furent considérés comme Turcs. Le nom de Tour vient d'un terme indo-iranien, tura, qui signifie «puissant». D'après les travaux de François Cornillot, spécialiste du Rig-Veda et de l'Avesta, les plus anciens textes indo-iraniens, on le retrouve dans le nom de Targitaos, l'ancêtre des Scythes selon une légende racontée par Hérodote, avec une transformation du u et un a propre aux Scythes septentrionaux: ce nom était auparavant prononcé
- Tar-γwitaw, titre provenant lui-même de
- Tur-hwatawah «Souverain Puissant». Hérodote (IV, 5-6) rapporte que Targitaos eut trois fils, Lipoxaïs, Arpoxaïs et Coloxaïs. Sous leur règne, trois objets en or tombèrent du ciel, une charrue et un joug, une hache-sagaris et une coupe. Les deux premiers frères voulurent prendre ces objets, mais ils s'enflammèrent. Ils revinrent à Coloxaïs, qui eut alors le titre de roi. Ces trois objets représentent les trois fonctions reconnues par Georges Dumézil chez tous les peuples indo-européens: la fonction cléricale (le bol), la fonction guerrière (la hache) et la fonction de production (la charrue et le joug). Etant rentré en possession de ces trois objets, Coloxaïs acquit un caractère trifonctionnel, comme tous les rois indo-européens. Par ailleurs, les linguistes considèrent unanimement que le suffixe -xaïs reproduit le nom iranien du roi, qui était xshaya- en avestique.

Les peuples scythiques et l'histoire

En Europe

Georges Dumézil Selon Hérodote (IV, 11-12), les Scythes habitaient originellement de l'autre côté de l'Araxe. Ce fleuve serait la Volga. Ils délogèrent les Cimmériens, peuple qui a laissé son nom à la Crimée, du nord de la mer Noire, les forçant à se diriger vers l'Anatolie. Les ayant poursuivis, les Scythes atteignirent l'Assyrie, où ils s'allièrent au roi Assurbanipal contre les Mèdes (-669 à -626). Les textes assyriens ont donné les noms de deux chefs scythes: Iskpakāy et Partatûa. Changeant ensuite d'alliance, les Scythes contribuèrent à la chute des Assyriens, puis ils pillèrent la Mésopotamie et la Palestine pendant 28 ans. Ils retournèrent ensuite chez eux, mais durent affronter selon Hérodote les enfants de leurs femmes et d'esclaves avec lesquels elles avaient couché. L'archéologie montre que les Scythes se sont établis en Ukraine au début du VI siècle avant l'ère chrétienne. Toujours selon Hérodote, les Scythes repoussèrent en -513 les Perses de Darius. A cette époque, les Grecs fondaient des colonies au nord de la mer Noire, ce qui les mettait en contact direct avec les Scythes. Leurs relations commerciales et artistiques furent très intenses. Au IV siècle, un roi des Scythes, Atéas, effectua une tentative d'expansion vers l'ouest qui fut peut-être liée à une pression exercée à l'est par les Sauromates, un autre peuple du Kazakhstan occidental. En -339, à l'âge de 90 ans, il fut tué par les Macédoniens lors d'une bataille sur le Danube. Au III siècle, les Sarmates repoussèrent les Scythes en Crimée. Sédentarisés, ils constituèrent une ethnie distincte jusqu'au III siècle de l'ère chrétienne. Il s'agit là de l'histoire des Scythes d'Europe. Qu'en est-il des Scythes d'Asie, auxquels on donne plutôt le nom de Saces?

En Asie

Des inscriptions de Darius, à Naqsh-i Rustam, mentionnent trois confédérations tribales saces:
- Les Sakā Haumavargā, dans la vallée du Ferghana, à l'est de l'Ouzbékistan.
- Les Sakā Tigraxaudā, entre le Syr-Daria et le lac Balkash, au Kazakhstan oriental.
- Les Sakā tayaiy paradraya, qui vivaient en Europe (identifiables aux Scythes des auteurs grecs). Selon Jacques Duchesne-Guillemin, les premiers sont littéralement les «Saces adorateurs du haoma», le haoma étant la plante d'immortalité des Iraniens (cf. Zoroastrisme). Ils se sont sédentarisés tandis que les deux autres confédérations restaient nomades. Un peuple sace a fondé au le royaume de Khotan, au sud-ouest du bassin du Tarim. Il a laissé de nombreux documents écrits, les seuls qui permettent de bien connaître une langue sace. Ces documents ne remontent pas plus loin que le de l'ère chrétienne, mais le vocabulaire des Tokhariens, leurs voisins orientaux, comprend des mots qui ont dû être empruntés aux Khotanais depuis le début de l'ère chrétienne. En vérité, tout l'ouest du bassin du Tarim était sace, en particulier l'oasis de Kashgar. L'archéologie indique que les Saces étaient présents dans cette région depuis le début du . Au , des Yuezhi, un peuple originaire de la province actuellement chinoise du Gansu, sont contraints d'émigrer vers l'ouest. Ils poussent devant eux des Saces, qui arrivent en Bactriane, au nord de l'Afghanistan. Les Yuezhi les y ayant rejoints, ils doivent de se déplacer plus au sud, au Cachemire puis au sud de l'Afghanistan, où ils donneront leur nom à la province du Séistan ou Sistan: ce nom était autrefois prononcé
- Sakastan «le Pays des Saces». De là, ils se dirigent vers la vallée de l'Indus. Leur roi, appelé Maues dans les inscriptions en langue grecque et Moga ou Moa dans les inscriptions en prakrit, y fonde une dynastie au début du . Ses successeurs deviennent des rois indiens mais conservent leur culture iranienne. Ils ont laissé du vocabulaire qui s'interprète principalement grâce au khotanais. Par exemple, le terme maja «ravissant» correspond au khotanais māja «ravissant». Le nom de Maues s'explique sans doute par le khotanais mauya ou muyi, qui signifie «tigre». Ces Saces étaient appelés Sakaraukai par les Grecs et Sai-wang par les Chinois. Il y a une étonnante correspondance, puisque wang signifie «roi» et que raukai s'interprète par le khotanais rūkya-, prononcé
- raukya- à un stade antérieur, qui signifie «commandant, chef». Le terme Sai, prononcé
- Sek durant l'Antiquité, est la désignation chinoise des Saces. Ainsi, ces gens étaient les «Saces-Rois». Ils évoquent les «Scythes royaux» dont parle Hérodote. Les Yuezhi appartenaient-ils eux-mêmes au monde iranien? Certains auteurs l'admettent, mais sans arguments solides. Il y a de très sérieuses raisons de penser qu'ils étaient plutôt tokhariens. On a également vu en les Wusun, autre peuple nomade mentionné par les Chinois, qui vivaient dans les montagnes de l'actuel Kirghizistan, des Iraniens. Pourtant, on trouve chez eux le mythe d'un roi bébé nourri par une louve, qui est inconnu du monde iranien et qui serait plus probablement tokharien. Les Saces se heurtaient donc, à l'est de leur domaine, aux Tokhariens. On peut encore mentionner les Massagètes, peuple nomadisant entre la mer d'Aral et la mer Caspienne. Ils devaient être apparentés aux Saces, puisque les Anciens les ont parfois confondus. Le fondateur de l'empire perse, Cyrus, s'est battu contre les Massagètes selon Hérodote et contre les Saces selon Strabon. Leur culte du Soleil, mentionné par Hérodote, semble tout à fait iranien. En vérité, sur ces immenses territoires, il devait y avoir une nébuleuse de peuples apparentés, mais qui se donnaient des noms divers et dont les cultures variaient localement.

Les données de l'archéologie

Les peuples nomades ne laissent guère que des tombeaux derrière eux. Ceux des Scythes se distinguent par leurs tumulus (appelés kourganes par les Russes), qui peuvent atteindre des tailles monumentales. Ce phénomène n'est pas nouveau dans la steppe européenne. La culture de Maïkop, apparue durant la seconde moitié du au nord-ouest du Caucase, dans la région de la rivière Kouban, se caractérisait par des tumulus pouvant atteindre 10 mètres de hauteur. Certains chercheurs voient en les hommes de Maïkop des Proto-Indo-Iraniens. Les tailles des tumulus de la culture d'Andronovo allaient de 6 à 20 mètres de diamètre. Les différences de taille réflétaient bien sûr des différences de statut social: les plus grands tumulus étaient ceux de rois. Le kourgane d'Arjan, en Sibérie méridionale, à 700 km à l'ouest de la pointe occidentale du lac Baïkal, était constitué d'un remblai en pierres de 120 mètres de diamètre et de 3 à 4 mètres de haut qui recouvrait une structure constituée de 70 cages en rondins rayonnant autour d'un double noyau central. Les restes de 300 autres chevaux devaient provenir d'un festin funéraire. L'archéologue M.P. Griaznov a estimé que 1500 hommes avaient dû travailler durant une semaine pour édifier cette structure. Un homme et une femme vêtus de fourrures richement ornées étaient enterrés au centre, dans des sarcophages. Ils étaient accompagnés par 15 hommes, ainsi que par 160 chevaux entièrement harnachés. Il y avait des tapis, les plus anciens du monde, rehaussés d'or et d'argent. Les armes et les sculptures qui ont été retrouvées sont de type scythe. Elles fournissent des exemples de l'art animalier caractéristique des Scythes. L'ancienneté du kourgane d'Arjan, daté du , tend à prouver que les Scythes avaient une origine très orientale. Peut-être étaient-ils déjà assez puissants pour constituer un véritable empire. Il faut remarquer que, dans cette région (la Touva), des noms de rivière d'origine iranienne ont été trouvés. De grands kourganes, de 100 à 200 mètres de diamètre et d'une hauteur atteignant les 17 mètres, parsèment également l'Altaï, ainsi que, plus à l'ouest, le Kazakhstan. Kazakhstan Les kourganes de Pazyryk, en Sibérie Méridionale, à environ 500 km au sud-ouest du site d'Arjan, sont d'un intérêt exceptionnel. Ils sont datés du VI au IV siècle avant l'ère chrétienne. Les plafonds de leurs chambres funéraires s'étant effondrés, elles se sont remplies d'une eau qui a ensuite gelé, permettant une excellente préservation de leur contenu. On y a trouvé des objets en cuir et en bois, des tentures de feutre, des tapis et des coussins bourrés de poils d'animaux ou d'herbe, qui contribuaient au confort des nomades. Ils dormaient, semble-t-il, sur des tapis, la tête posée sur un oreiller en bois recouvert de cuir. Ils possèdaient des tables basses ou des plateaux. L'une de ces tables avait des pieds démontables. Le seul animal fantastique connu des gens de Pazyryk était le griffon. On le retrouve chez les Scythes d'Europe, ainsi que chez les Perses. Les hommes de Pazyryk étaient de type européen ou mongoloïde, mais l'un de ces derniers, à la pilosité moindre que celle des Européens, était pourvu d'une barbe postiche en crin de cheval, comme s'il valait mieux être barbu pour prétendre au titre de chef. L'archéologie révèle certaines différences entre Scythes d'Europe et d'Asie. Ainsi, les premiers avaient un bestiaire fantastique beaucoup plus développé que les seconds. Les chaudrons avaient un pied en Europe et trois en Asie. Les Saces avaient de lourds plateaux surelevés en bronze qui servaient peut-être d'autels portatifs.

Les dieux S